| Almaty,
le 17 mars 2003
Il y a bien longtemps que je pense que je ne reviendrai
plus au Kazakhstan et puis, comme peu de choses se
passent comme on le prévoit, mon Boeing 137
se pose à six heures du matin sur le petit
aéroport en ruine suite à un incendie.
J’ai pas dormi cette nuit, ce retour est un
instantané, souvenir de méditerranée
qui est si proche de l’Asie centrale, ciel bleu
éternel et surtout sentiment d’Asie centrale,
c’est tout. Je reconnais les pays en levant
les yeux au ciel, ceux d’Asie centrale me rappellent
la méditerranée de mon enfance et je
reviendrai toujours à la méditerranée
de mon enfance, peut être plus encore maintenant
que par le passé.
La dernière fois, en 1997, j’étais
venu par la plus belle route du monde, en bus, depuis
Tachkent-Ouzbékistan via Bichkek-Kirghizstan.
C’était l’époque où
l’on franchissait encore les postes de douane
sans visa mais avec la peur, la nuit.
Aujourd’hui, moins de douleur, moins de beauté,
plus de travail, la fatigue, le désespoir de
devoir reconstruire un moi malmené par les
constantes reconsidération d’une nature
instable et hystérique, qu’importe, la
route est une conquête et elle ne fait jamais
que commencer.
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